ADORER, c’est …

« Adorer, c’est se laisser regarder et aimer par Jésus. »

Acceptons, acceptez de vous offrir à Celui qui nous a tout donné, qui est venu non pour juger le monde, mais pour le sauver (Jn 3,17), acceptez de reconnaître la présence agissante en vos vies de Celui qui est ici présent, exposé à nos regards. Acceptez de lui offrir vos propres vies !

Marie, la Vierge Sainte, Marie, l’Immaculée Conception, a accepté, voici deux mille ans, de tout donner, d’offrir son corps pour accueillir le Corps du Créateur. Tout est venu du Christ, même Marie ; tout est venu par Marie, même le Christ. (…)

Une foule immense de témoins est invisiblement présente à nos côtés. Nous ne les voyons pas, mais nous les entendons qui nous disent, à chacun et à chacune d’entre nous : « Viens, laisse-toi appeler par le Maître ! Il est là ! Il t’appelle (cf. Jn 11, 28) ! Il veut prendre ta vie et l’unir à la sienne. Laisse-toi saisir par Lui. Ne regarde plus tes blessures, regarde les siennes. Ne regarde pas ce qui te sépare encore de Lui et des autres ; regarde l’infinie distance qu’Il a abolie en prenant ta chair, en montant sur la Croix que Lui ont préparée les hommes et en se laissant mettre à mort pour te montrer son amour. Dans ses blessures, Il te prend ; dans ses blessures, Il te cache (…), ne te refuse pas à son Amour !

Benoît XVI à Lourdes le 14 septembre 2008

« Adorer, c’est se rendre présent à l’Amour. »

Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine, comme le disciple bien-aimé (Jn 13,25), d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? Bien des fois, chers frères et sœurs, j’ai fait cette expérience et j’en ai reçu force, consolation et soutien !

Jean-Paul II (Ecclesia de Eucharistia, 25)

« Adorer, c’est reconnaître Jésus comme son Roi. »

La dernière Cène nous pousse à faire un pas dans les différents sens que le mot “adoration” a en grec et en latin. Le mot grec est proskynesis. Il signifie le geste de la soumission, la reconnaissance de Dieu comme notre vraie mesure, dont nous acceptons de suivre la règle. Il signifie que liberté ne veut pas dire jouir de la vie, se croire absolument autonomes, mais s’orienter selon la mesure de la vérité et du bien, pour devenir de cette façon, nous aussi, vrais et bons. Cette attitude est nécessaire, même si, dans un premier temps, notre soif de liberté résiste à une telle perspective. Il ne sera possible de la faire totalement nôtre que dans le second pas que la dernière Cène nous entrouvre. Le mot latin pour adoration est ad-oratio – contact bouche à bouche, baiser, accolade et donc en définitive amour. La soumission devient union, parce que celui auquel nous nous soumettons est Amour. Ainsi la soumission prend un sens, parce qu’elle ne nous impose pas des choses étrangères, mais nous libère à partir du plus profond de notre être.

Benoît XVI, JMJ de Cologne 2005

« Adorer, c’est ouvrir son cœur à Jésus. »

Mes enfants très chers, Jésus veut que je vous dise encore combien il a d’amour pour chacun d’entre vous, au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer. Je m’inquiète de ce que certains d’entre vous n’aient pas encore vraiment rencontré Jésus seul à seul : vous et Jésus seulement. Nous pouvons certes passer du temps à la chapelle, mais avez-vous perçu – avec les yeux de l’âme – avec quel amour il vous regarde ? Avez-vous vraiment fait connaissance avec Jésus vivant, non à partir de livres mais pour l’avoir hébergé dans votre cœur ? Avez-vous entendu ses mots d’amour ? Demandez-en la grâce : il a l’ardent désir de vous la donner… Il veut vous dire non seulement qu’il vous aime, mais davantage qu’il vous désire ardemment. Vous lui manquez quand vous ne vous approchez pas de lui. Il a soif de vous. (…)

Mes enfants, vous n’avez pas à être différents de ce que vous êtes dans la réalité pour que Jésus vous aime. Croyez simplement que vous lui êtes précieux. Apportez vos souffrances à ses pieds et ouvrez seulement votre cœur pour qu’il vous aime tels que vous êtes. Et lui fera le reste.

Sainte Mère Teresa

« Adorer, c’est contempler le Christ dans son offrande. »

Adorer le Christ, c’est accepter qu’il ne se passe rien, c’est accepter dans la foi que sa présence ne s’impose pas. C’est accepter de tenir quand je ne sens rien, c’est accepter de résister au désir de fuir, c’est accepter de tenir ma place simplement parce que je suis là non seulement en mon nom propre mais au nom de tous les hommes et toutes les femmes de la terre. Je suis devenu un intercesseur et je n’ai pas le droit de partir. L’adoration du Christ est d’abord un acte de foi, c’est un acte de silence.

Venir contempler l’Eucharistie, c’est venir contempler le Christ dans l’offrande qu’il fait de sa vie, c’est-à-dire dans l’acte suprême d’offrande à son Père, c’est-à-dire dans l’acte ultime d’amour pour les hommes. Que pourrions-nous éprouver d’autre qu’une joie très intense à reprendre conscience de cette communion étroite qui unit le Père et le Fils et à laquelle l’Esprit que nous avons reçu nous donne de participer ? Que pourrions-nous éprouver d’autre qu’une joie très intense à contempler le Christ livrant sa vie par amour pour nous ? Comment ne serions-nous pas confondus de joie devant cette révélation extraordinaire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils pour le sauver. » ?( cf Jn 3,17)

Mgr André Vingt-Trois, juin 2006

« Adorer, c’est ne pas pouvoir détacher les yeux de Jésus. »

Mon Créateur, mon Père, mon Bien-Aimé. Vous qui êtes là, à trois mètres de moi, sous l’apparence de cette Hostie, mon Dieu, daignez me donner ce sentiment continuel de Votre présence, de Votre présence en moi et autour de moi… et, en même temps, cet amour craintif qu’on éprouve en présence de ce qu’on aime passionnément, et qui fait qu’on se tient devant la personne aimée, sans pouvoir détacher d’elle les yeux, avec un grand désir et une volonté de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour elle et une grande crainte de faire, dire ou penser quelque chose qui lui déplaise ou qui lui fasse du mal… En Vous, par Vous et pour Vous. Amen

Bienheureux Charles de Foucauld

« Adorer, c’est se nourrir d’amour et d’espérance. »

Adorer le Dieu de Jésus Christ, qui, par amour s’est fait pain rompu, est le remède le plus valide et radical contre les idolâtries d’hier et d’aujourd’hui. S’agenouiller devant l’Eucharistie est une profession de liberté : qui s’incline devant Jésus ne peut et ne doit pas se prosterner devant aucun autre pouvoir terrestre, si fort fût-il. Nous, chrétiens, nous ne nous agenouillons que devant le Saint-Sacrement, parce que nous savons et nous croyons qu’en lui l’unique vrai Dieu est présent, lui qui a créé le monde et l’a tant aimé qu’il lui a donné son Fils unique.

Nous nous prosternons devant un Dieu qui le premier s’est incliné vers l’homme comme un bon Samaritain, pour le secourir et lui redonner la vie.

Adorer le Corps du Christ veut dire croire qu’en lui, dans ce morceau de pain, il y a réellement le Christ, qui donne un vrai sens à la vie, à l’immense univers et à la créature la plus petite, à toute l’histoire humaine comme à la plus brève existence. L’adoration est prière qui prolonge la célébration et la communion eucharistique et dans laquelle l’âme continue à se nourrir : à se nourrir d’amour, de vérité, de paix ; à se nourrir d’espérance, parce que Celui devant lequel nous nous prosternons ne nous juge pas, ne nous écrase pas, mais nous libère et nous transforme.

Benoît XVI, mai 2008

« Adorer, c’est unir son âme à celle de Jésus. »

Mon heure de ciel, c’est celle-ci, mon Jésus, c’est mon heure d’adoration ; l’heure pendant laquelle, agenouillé devant vous, nous nous regardons mutuellement ; l’heure où vous me bénissez tandis que je suis anéanti à vos pieds.(…) Je viens ici, mon Jésus, pour vous ouvrir mon c œur et vous découvrir mes misères, pour vous parler et pour écouter votre douce voix, pour vous prendre dans mes bras et vous presser contre mon c œur. Je viens vous raconter mes peines secrètes pendant cette adoration d’amour et pleurer avec vous et pour les mêmes causes. (…) Pendant cette heure, le monde n’existe plus pour moi : je n’ai plus ni parents, ni famille, ni amis, ni rien d’autre. Rien que vous et moi, mon Jésus Eucharistie ! Vous et moi unissant, identifiant nos âmes, nos c œurs et nos volontés ! Une seule chose, pendant ces minutes précieuses peut entrer dans mon c œur pour y accompagner l’amour, c’est la douleur : douleur de vous avoir offensé et si peu aimé, douleur de ne pouvoir travailler pour vous comme je le voudrais, douleur de voir tant d’âmes se perdre. Et la considération de votre amour, ô Jésus adoré, augmente encore cette douleur. (…)

C’est ici, Seigneur, que vous m’animez à suivre vos traces, à porter sans cesse la Croix. C’est ici que vous me fortifiez et que vous me pardonnez mes fautes ! C’est ici que vous me rappelez mes misères et m’enseignez le moyen d’y porter remède. C’est ici que vous m’entrouvrez votre C œur, asile assuré des coupables, lieu de repos pour les âmes fatiguées, fraîche oasis pour ceux qui traversent le désert du monde. Ô amoureux Jésus qui vivez en aimant, qui aimez en mourant, qui aimez éternellement !

Conchita Cabrera de Armida (Mexique, 19° s.)

« Adorer, c’est s’exposer à l’Amour Miséricordieux. »

Lors de la communion qui est une gâterie qui vient de l’extérieur, Jésus est bien en nous, agissant puissamment, mais une fois notre action de grâces achevée, nous avons tôt fait d’oublier sa divine Présence en nous. Nous ne sommes plus présents à Lui, repris par le quotidien.(…)

Dans l’adoration, nous nous exposons à Lui longuement, sans rien faire, sans rien dire ou presque, exposés à ses rayons d’amour miséricordieux. Il peut alors nous guérir en profondeur. Pour que l’Esprit-Saint agisse, il faut du temps. Nous lui donnons gratuitement ce temps durant lequel Il va nous combler à sa manière. C’est la plus grande action de grâces que nous pouvons Lui rendre. (…) Jésus nous mendie ce temps pour nous remplir de sa puissance eucharistique, qui dépasse notre personne et peut atteindre les frères et s œurs.

L’adoration est la source de tout amour, de toute fécondité. L’adoration doit précéder toute action, car c’est Dieu Lui-même alors qui agira à travers nous.

L’adoration n’est pas une simple dévotion, elle est le culte que l’on doit rendre à Dieu, car Lui seul peut être adoré. Voilà pourquoi l’adoration est guérissante pour nous-mêmes et pour nos frères et s œurs. Nous sommes face à la Source, à la Vie, à la Lumière, à la Vérité.

Une ermite contemporaine

« Adorer, c’est offrir sa pauvreté au Seigneur. »

Dans votre prière, prenez courage car la compassion de Jésus au Saint Sacrement est infinie. C’est souvent le fruit d’un subtil amour propre, de l’impatience ou de la lâcheté de ne pas vouloir aller à Notre Seigneur avec sa propre misère ou sa pauvreté humiliée ; et c’est cependant ce que Notre Seigneur préfère à tout ; c’est ce qu’il aime, ce qu’il bénit.

Vous êtes dans l’aridité, glorifiez la grâce de Dieu sans laquelle vous ne pouvez rien ; ouvrez alors votre âme vers le ciel comme la fleur ouvre son calice au lever du soleil pour recevoir la rosée bienfaisante.

Vous êtes dans l’impuissance la plus entière : l’esprit est dans les ténèbres, le cœur sous le poids de son néant, le corps souffrant : faites alors l’adoration du pauvre, sortez de votre pauvreté et allez demeurer en Notre Seigneur, ou offrez-lui votre pauvreté pour qu’il l’enrichisse : c’est un chef d’œuvre digne de sa gloire.

Mais vous êtes dans l’état de tentation et de tristesse, tout se révolte en vous, tout vous porte à quitter l’adoration sous prétexte que vous offensez Dieu, que vous le déshonorez plus que vous ne le servez. N’écoutez pas cette spécieuse tentation : c’est l’adoration du combat, de la fidélité à Jésus contre vous-même. Non, non, vous ne lui déplaisez pas, vous réjouissez votre Maître qui vous regarde et qui a permis à Satan de vous troubler. Il attend de nous l’hommage de la persévérance jusqu’à la dernière minute que nous devions lui consacrer.

Saint Pierre Julien Eymard

« Adorer, c’est veiller devant Jésus au nom de l’humanité.»

Il est précieux de s’entretenir avec le Christ, et, penchés contre Jésus comme le disciple bien-aimé, nous pouvons être touchés par l’amour infini de son C œur qui répand l’Esprit. Nous apprenons à connaître plus profondément Celui qui s’est donné totalement pour devenir disciple et pour entrer, à notre tour, dans ce grand mouvement de don, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Nous sommes appelés à nous mettre à son école, pour être peu à peu configurés à Lui, pour laisser l’Esprit agir en nous et pour réaliser la mission qui nous est confiée. En particulier, l’amour du Christ nous pousse à travailler sans cesse à l’annonce de l’Evangile et pour le service des hommes.

(…) Ainsi, la proximité avec le Christ, dans le silence et la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le c œur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur. Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Evangile. Toute personne qui prie le Sauveur entraîne à sa suite le monde entier et l’élève à Dieu. Ceux qui se tiennent devant le Seigneur remplissent donc un service éminent ; ils présentent au Christ tous ceux qui ne le connaissent pas ou ceux qui sont loin de lui ; ils veillent devant lui, en leur nom.2

Jean-Paul II 1. Presbyterorum Ordinis ; 2. Lettre à Mgr Houssiau

« Adorer, c’est glorifier le Fils de Dieu.»

Saint Joseph, après la Très Sainte Vierge, a été le premier et le plus parfait adorateur de Notre-Seigneur. Il l’adorait avec une vertu de foi plus grande que celle de tous les saints, avec une humilité plus profonde que celle de tous les élus, avec une pureté plus pure que celle des anges, avec un amour qu’aucune autre créature, angélique ou humaine, n’eut et ne put avoir pour Jésus, avec un dévouement aussi grand que son amour. Comme le Verbe incarné devait être glorifié par les adorations de Marie et de Joseph, qui le dédommageaient de l’indifférence et de l’ingratitude de ses créatures ! Saint Joseph adorait le Verbe incarné en union avec sa divine Mère, en union avec toutes les pensées, les actes d’adoration, d’amour, de louanges de Jésus pour son Père et de charité envers les hommes pour lesquels il s’était incarné. L’adoration de saint Joseph suivait le mystère présent et actuel, la grâce, l’esprit, la vertu de ce mystère. Dans l’Incarnation, il adorait l’anéantissement du Fils de Dieu; à Bethléem, sa pauvreté ; à Nazareth, son silence, sa faiblesse, son obéissance, ses vertus, dont il avait une connaissance très grande, dont il voyait l’intention, le sacrifice à l’amour et à la gloire du Père céleste. Saint Joseph adorait, intérieurement du moins, tout ce que Jésus disait et pensait. Le Saint-Esprit le lui manifestait, afin qu’il pût s’y unir, et glorifier le Père céleste en union avec son divin Fils notre Sauveur. De sorte que la vie de saint Joseph fut une vie d’adoration de Jésus, mais d’adoration parfaite. Je m’unirai donc bien à ce saint adorateur, afin qu’il m’apprenne à adorer Notre-Seigneur et à me faire entrer en société avec lui, afin que je sois le Joseph de l’Eucharistie comme il a été le Joseph de Nazareth.

Saint Pierre-Julien Eymard

« Adorer, c’est se laisser toucher par Jésus.»

« Voici que je me tiens à la porte et que je frappe. » C’est vrai ! Je me tiens à la porte de ton cœur, jour et nuit. Même quand tu ne m’écoutes pas, même quand tu doutes que ce puisse être moi, c’est moi qui suis là. J’attends le moindre petit signe de réponse de ta part, le plus léger murmure d’invitation, qui me permettra d’entrer en toi. Je veux que tu saches que chaque fois que tu m’inviteras, je vais réellement venir. Je serai toujours là, sans faute. Silencieux, invisible, je viens, mais avec l’infini pouvoir de mon amour.
Je viens, apportant tous les dons de l’Esprit Saint. Je viens avec ma miséricorde, avec mon désir de te pardonner, de te guérir, avec tout l’amour que j’ai pour toi ; un amour au-delà de toute compréhension, un amour où chaque battement du cœur est celui que j’ai reçu du Père même. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Je viens, assoiffé de te consoler, de te donner ma force, de te relever, de t’unir à moi, dans toutes mes blessures.
Je vais t’apporter ma lumière. Je viens écarter les ténèbres et tous les doutes de ton cœur. Je viens avec mon pouvoir capable de te porter toi-même et de porter tous tes fardeaux. Je viens avec ma grâce pour toucher ton cœur et transformer ta vie. Je viens avec ma paix, qui va apporter le calme et la sérénité à ton âme. Je te connais de part en part. Je connais tout de toi. Même les cheveux de ta tête, je les ai tous comptés. Rien de ta vie n’est sans importance à mes yeux. Je t’ai suivi à travers toutes ces années et je t’ai toujours aimé, même lorsque tu étais sur des chemins de traverse. Je connais chacun de tes problèmes. Je connais tes besoins et tes soucis.

Sainte Mère Teresa

« Adorer, c’est reconnaître Jésus comme notre souverain.»

Dans cet adorable Sacrement, Jésus réside en souverain, manifestant ses adorables perfections sous les dehors du plus total anéantissement. Il est le Dieu parfait et l’homme parfait ; l’infiniment grand et le Dieu de toute majesté, et s’il se réduit dans l’hostie aux proportions de l’atome, de l’infiniment petit, étant tout entier, dans chaque parcelle visible de l’hostie, il ne perd rien de sa souveraine grandeur, il appelle tous nos respects, nos dévouements et notre amour. Grâce à cette adorable petitesse, le plus petit de nos membres lui est un chemin spacieux pour arriver jusqu’au centre de nous-mêmes.

L’hostie, c’est le chef-d’œuvre entre tous les chefs-d’œuvre de l’art d’un Dieu ; osons le dire, c’est la miniature de la beauté éternelle, pour l’âme de foi qui sait percer les voiles et découvrir son éclat ! Quoi de plus simple à l’extérieur ? Quoi de plus ordinaire ? Un peu de pain ! Mais sous cette apparence vulgaire, résultat de l’humilité et de la simplicité du Verbe incarné, quoi de plus merveilleux, de plus transcendant, de plus sublime que l’union de deux choses si opposées, dans le plus étonnant des mystères ?

(…) Jésus au Très Saint Sacrement est tout à la fois grand et petit, riche et pauvre, triomphant et humilié, fort et faible, puissant et dépendant, libéral et indigent, immense et renfermé, immuable et changé, jouissant et souffrant d’une manière mystique, vivant et immolé, glorieux et dans l’ombre, beau et sans éclat, assis à la droite de son Père et enseveli dans le linceul des saintes espèces.

Sœur Marie-Aimée de Jésus (1839-1874)

« Adorer, c’est contempler Celui par qui tout a été fait. »

Seigneur Jésus, tu es là ! (…) Voici deux mille ans, tu as accepté de monter sur une Croix d’infamie pour ensuite ressusciter et demeurer à jamais avec nous tes frères, tes sœurs ! (…) Nous contemplons Celui qui, au cours de son repas pascal, a donné son Corps et son Sang à ses disciples, pour être avec eux « tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». Nous adorons Celui qui est au principe et au terme de notre foi, Celui sans qui nous ne serions pas là ce soir, Celui sans qui nous ne serions pas du tout, Celui sans qui rien ne serait, rien, absolument rien ! Lui, par qui « tout a été fait », Lui en qui nous avons été créés, pour l’éternité, Lui qui nous a donné son propre Corps et son propre Sang, Il est là, ce soir, devant nous, offert à nos regards. Nous aimons – et nous cherchons à aimer davantage – Celui qui est là, devant nous, offert à nos regards, à nos questions peut-être, à notre amour. Que nous marchions – ou que nous soyons cloués sur un lit de souffrance, que nous marchions dans la joie – ou que nous soyons dans le désert de l’âme, Seigneur, prends-nous tous dans ton Amour : dans l’Amour infini, qui est éternellement celui du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, celui du Père et du Fils pour l’Esprit, et de l’Esprit pour le Père et pour le Fils.

L’Hostie Sainte exposée à nos yeux dit cette Puissance infinie de l’Amour manifestée sur la Croix glorieuse. L’Hostie Sainte nous dit l’incroyable abaissement de Celui qui s’est fait pauvre pour nous faire riches de Lui, Celui qui a accepté de tout perdre pour nous gagner à son Père. L’Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église.

Benoît XVI Lourdes, septembre 2008

« Adorer, c’est reconnaître Jésus ressuscité. »

Marie Madeleine se tenait en pleurant près du tombeau quand Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ». Jésus se tenait juste là, et pourtant elle ne le reconnaissait pas : comme aujourd’hui Jésus est juste là au Saint Sacrement, et tant de personnes ne le reconnaissent pas. « Jésus lui dit : ‘Marie’ ! Se retournant, elle lui dit en hébreu : ‘Rabbouni’, ce qui veut dire ‘Maître’ » Jésus pousse Marie Madeleine à ‘se retourner’ une nouvelle fois : c’est un appel à une nouvelle conversion dans sa relation avec le Seigneur.

(…) Il en est de même pour nous : ‘retournons-nous’ comme Marie Madeleine pour approcher le Ressuscité présent aujourd’hui dans le sacrement de l’Eucharistie. Dieu nous a choisis pour demeurer en sa présence, et Il nous fait entendre sa voix comme Il le fit en s’adressant à Marie Madeleine : ‘Marie’ ». Mais ce n’est pas par les sens que nous Le percevons et entrons en contact avec Lui. C’est par la foi et l’amour que nous reconnaissons le Seigneur sous les apparences de l’Hostie consacrée. Ouvrons donc nos cœurs et soyons humbles pour rencontrer dans la foi le mystère de la présence du Christ.

(…) De la rencontre personnelle et intime avec le Maître, tout doute, toute peur, toute affliction sont chassés par la puissance de sa Résurrection, laissant ainsi la place à la joie de Le reconnaître vivant au milieu de nous. Alors libres d’aimer, nous pouvons à la suite de Marie Madeleine, annoncer qu’Il est vraiment ressuscité et qu’il demeure parmi nous, plein de grâce et de vérité.

Père Florian Racine

« Adorer, c’est contempler Jésus avec les yeux de Marie. »

La Vierge très sainte est Maîtresse dans la contemplation du visage du Christ. (…) Par sa vie tout entière, Marie est une femme « eucharistique ». L’Eglise regardant Marie comme son modèle, est appelée à l’imiter aussi dans son rapport avec ce Mystère très saint. Si l’Eucharistie est un mystère de foi qui dépasse notre intelligence au point de nous obliger à l’abandon le plus pur à la parole de Dieu, nulle personne autant que Marie ne peut nous servir de soutien et de guide dans une telle démarche.

(…) Marie a exercé sa foi eucharistique avant même l’institution de l’Eucharistie, par le fait même qu’elle a offert son sein virginal pour l’incarnation du Verbe de Dieu. A l’Annonciation, Marie a conçu le Fils de Dieu dans la vérité même physique du corps et du sang, anticipant en elle ce qui dans une certaine mesure se réalise sacramentellement en tout croyant qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, le corps et le sang du Seigneur. Il existe donc une analogie profonde entre le ‘fiat’ par lequel Marie répond aux paroles de l’Ange et l”amen’ que chaque fidèle prononce quand il reçoit le corps du Seigneur. A Marie, il fut demandé de croire que celui qu’elle concevait ‘par l’action de l’Esprit-Saint’ était le ‘Fils de Dieu’. Dans la continuité avec la foi de la Vierge, il nous est demandé de croire que, dans le Mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin.

Jean-Paul II, Ecclesia de Eucharistia, ch VI

« Adorer, c’est se laisser brûler par le Feu de l’Esprit. »

L’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu qui voit le fond des c œurs, connaît les intentions de l’Esprit : il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut. Rm 8,14-17

Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur; c’est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l’appelant « Abba! ». C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, à condition de souffrir avec lui pour être avec lui dans la gloire. Rm 8, 26-27

Ne le savez-vous pas ? Votre corps est le temple de l’Esprit Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car le Seigneur vous a achetés très cher. Rendez gloire à Dieu dans votre corps. 1 Co 6, 19-20

Voici ce que produit l’Esprit : amour, joie, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit. Ga 5,22-25

« Adorer, c’est demeurer dans l’Esprit du Père et du Fils. »

O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement en Vous, immobile et paisible comme si mon âme était déjà dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de Votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en Votre ciel, Votre demeure aimée et le lieu de Votre repos. Que je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à Votre action créatrice.

Ô mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour Votre C œur, je voudrais Vous couvrir de gloire, je voudrais Vous aimer … jusqu’à en mourir ! (…)

Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à Vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de Vous. (…)

Ô Feu consumant, Esprit d’Amour, survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe: que je Lui sois une humanité de surcroît, en laquelle Il renouvelle tout son Mystère.

Et Vous, ô Père, penchez-Vous vers Votre pauvre petite créature, couvrez-la de Votre ombre, ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel Vous avez mis toutes vos complaisances.

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à Vous comme une proie. Ensevelissez-Vous en moi, pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant d’aller contempler en Votre lumière l’abîme de Vos grandeurs.

Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

« Adorer, c’est contempler et accueillir le Pain de Vie. »

Ô pain vivant engendré du ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la croix, déposé sur l’autel, caché sous les espèces sacramentelles ! Confirme mon c œur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie ; réjouis mon âme et purifie mes pensées.

Voici le pain, le vrai pain, consommé, mangé, mais non pas transformé ; il assimile et il ne s’assimile pas ; il renouvelle sans s’épuiser ; il perfectionne et conduit au salut ; il donne la vie, confère la grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l’intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs…

N’approche donc pas, homme, de cette table sans une dévotion respectueuse et un fervent amour. Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Recours au bain de la confession ; que le fondement de la foi te porte ; que l’incendie de la charité te consume.

Saint Thomas d’Aquin

« Adorer, c’est demeurer dans le Cœur de Jésus. »

Il me semble que le grand désir que Notre Seigneur a que son Sacré Cœur soit honoré par quelque hommage particulier, est afin de renouveler dans les âmes les effets de la Rédemption. Car son Sacré Cœur est une source inépuisable qui ne cherche qu’à se répandre dans les c œurs humbles, vides, et qui ne tiennent à rien, pour être toujours prêts à se sacrifier à son bon plaisir. Ce divin Cœur est une source intarissable, où il y a trois canaux qui coulent sans cesse : premièrement, de miséricorde pour les pécheurs, sur lesquels découle l’esprit de contrition et de pénitence. Le second est de charité, qui s’étend pour le secours de tous les misérables qui sont en quelque nécessité, et particulièrement pour ceux qui tendent à la perfection ; ils y trouveront de quoi vaincre les obstacles. Du troisième découlent l’amour et la lumière pour les parfaits amis qu’il veut unir à lui, pour leur communiquer sa science et ses maximes, afin qu’ils se consacrent entièrement à lui procurer de la gloire, chacun en sa manière. Ce divin Cœur est un abîme de bien, où les pauvres doivent abîmer leurs nécessités ; un abîme de joie, où il faut abîmer toutes nos tristesses ; un abîme d’humiliation pour notre orgueil, un abîme de miséricorde pour les misérables, et un abîme d’amour, où il nous faut abîmer toutes nos misères.

Sainte Marguerite Marie Alacoque

« Adorer, c’est demeurer humblement aux pieds de Jésus. »

Ne manquons pas d’adorer le très saint Sacrement qui est la principale et la plus grande dévotion, celle que tous les chrétiens doivent avoir. Acquittez-vous-en donc avec plus de soin et de fidélité que jamais, avec une nouvelle ferveur, ardeur et amour pour Jésus-Christ dans ce précieux mystère.

Soyez fidèles à demeurer en la présence de Dieu sans vous mettre en peine de ne pouvoir rien faire… N’ayez point de répugnance d’être en la présence de Dieu sans rien faire, puisqu’Il ne veut rien de vous que le silence et l’anéantissement, vous ferez toujours beaucoup lorsque vous vous laisserez et abandonnerez sans réserve à sa toute-puissance. Soyez fidèles en ce point, ne vous affligez pas de vos distractions, laissez-les passer et demeurez humblement aux pieds de Jésus.

Catherine de Bar (1614-1698) fondatrice des Bénédictines du Saint-Sacrement

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